“Vous avez tout à fait raison monsieur le Premier Ministre”, “une histoire abracadabrantesque”, vous n’avez pas le monopole du cœur” mais aussi “la bravitude” ou “casse toi pauv’con”: l’histoire politique française est jalonnée de petites phrases plus ou moins heureuses. Un ouvrage récent est consacré à la question.
Parfois plus influentes que tout un programme ou discours, elles nous aident à simplifier le débat politique, à assigner des traits caractéristiques reconnaissables à chaque personnalité politique. Il est d’ailleurs souvent difficile pour les intéressés d’en sortir.
Ainsi, Sarkozy est vulgaire, Royal est stupide, Chirac naïf en 88 (ne l’a t’il pas compris lui même lorsqu’il dit devant ses proches en 95: “je vais vous épater par ma démagogie”!), Balladur est condescendant, Cresson gaffeuse, etc.
Faut-il s’en désoler? Regretter l’absence de spontanéité qu’implique l’importance disproportionnée donnée à ces répliques? Ou reconnaitre, avec réalisme qu’elles font partie intégrante du jeu politique? Clémenceau et Churchill ont montré que manier la réplique assassine avec brio n’était en rien incompatible avec la grandeur de l’homme d’Etat.
Pour les amateurs de la vie politique américaine, le champion toute catégorie était Ronald Reagan, capable de désarçonner son adversaire par ses traits d’humour comme lors de ce débat où il répond à une question sur l’âge dans la campagne (il était le plus vieux candidat de l’histoire américaine) en feignant de croire que la question portait sur la jeunesse et l’inexpérience de son adversaire…